Lucie Braud alias Catmalou

Dans l’univers de l’auteure, Lucie Braud, tout semble prendre racine dans le souvenir d’une enfance bercée par le sentiment de liberté. D’une enfance passée dans le nord de la Gironde, dans une campagne modeste où le temps de l’insouciance s’écoulait entre nature, curiosité et imagination. Une enfance fondatrice, nourrie autant par les chemins buissonniers de la vie que par la lecture des albums jeunesse de Tomi Ungerer, Arnold Lobel, Léo Lionni et tant d’autres

Très tôt, l’écriture s’impose comme une évidence. À la fin de l’école primaire, son instituteur lit sa première histoire à voix haute. « C’était grisant d’être lue. Je me suis dit : dans ma vie, je veux faire deux choses, écrire des histoires et lire des livres. » Son rêve de petite fille prend toutefois des chemins détournés. « Dans ma famille, on a plutôt une culture de fonctionnaire ou de paysan terrien. La vocation artistique représentait un horizon incertain. » Un baccalauréat en économie et sociologie en poche, Lucie opte donc pour des études en Histoire, plus précisément l’Antiquité grecque. De ce cursus couronné brillamment par un mémoire sur le judaïsme culturel et politique dans la sphère ptolémaïque, elle en retirera une solide méthode de travail. Mais une autre histoire s’écrit déjà : celle de l’édition et de la médiation littéraire. 

Garder le lien à l’enfance 

Après un DESS Communication et Jeunesse, elle rejoint le Centre Régional des Lettres à Bordeaux. D’abord stagiaire, puis responsable du développement des publics, elle découvre les coulisses du monde de la littérature jeunesse, de l’auteur au libraire. « J’ai toujours aimé les romans d’aventure pour la jeunesse. Je pense que cela me gardait le lien à l’enfance. » 

Jusqu’alors portée par le simple plaisir d’écrire, en dilettante, elle n’envisage pas encore de publier. Des bouts de textes courts comme les pièces d’un puzzle attendent dans un porte-documents, ce fameux déclic. La poésie sera son premier pas vers l’édition. « Ferdinand », un petit livre éponyme de 26 pages, qui raconte en prose sa relation à son grand-père, son enfance. « Son maître-mot était de cultiver en tout, la curiosité » confie Lucie. C’est cette curiosité qui la pousse à accepter un premier projet de scénario de BD sous le pseudonyme de Catmalou, inspiré du western comique « Cat Ballou » et du prénom de sa fille, Marilou, alias Malou. 

Dans sa bulle 

Sa rencontre avec le dessinateur Cromwell marque une étape importante. En travaillant au scénario de l’adaptation du roman « Le Dernier des Mohicans » en BD, elle découvre peu à peu, à force de lecture, d’écriture et réécriture, son propre style, débarrassé des réflexes universitaires. Cette écriture, elle la définit comme une « écriture à l’os ». Des formes courtes inspirées de la poésie, peu de mots, peu d’effets, mais une recherche constante de justesse et d’émotion. Comme avec Mimosa, un personnage inspiré de sa fille, de ses premières réflexions d’enfant sur le monde, qu’elle cocrée avec l’illustratrice et dessinatrice, Edith.
Avec son association « Un Autre Monde », un collectif d’artistes-auteurs, Lucie explore toutes les formes d’expression : des spectacles de mise en voix, des ateliers, des expositions… mais aussi des livres audios. « C’est comme un prolongement de l’écriture… » considère-t-elle avec l’oreille d’une musicienne, saxophoniste aguerrie.
Installée aujourd’hui en Bretagne, une vue sur le petit port de Doëlan, Lucie Braud annonce la sortie à l’automne prochain, d’un 3e livre avec la photographe Laëtitia Villemin intitulé, Hors Sujet. 
Et enfin, comme un retour d’écho aux souvenirs d’enfance, elle s’attèle désormais à l’écriture de ses premiers romans jeunesse. « Je crois que j’ai envie de retrouver les sensations que j’avais, gamine, quand je lisais tous ces romans » dévoile-t-elle finalement de la trame intime de son écriture.

 

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